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63eme Salon de Montrouge - Texte de présentation

http://www.salondemontrouge.com/562-mali-arun.htm

C’est un feu au coeur de la nuit que des silhouettes étrangement masquées traversent. La scène, dont la puissance fascinatoire est accentuée par des effets de ralentis, le défilé à l’écran d’un récit fantasmatique et une musique envoûtante, semble rêvée. Elle ne l’est pas.
Les images qui composent cette oeuvre immersive intitulée Saliunt Venae (« battements de coeur »), ont été tournées en situation documentaire, au cours de la traditionnelle fête de la Saint-Jean dans un village d’Alsace. Là-bas se perpétue une coutume singulière, un rite de passage à l’âge adulte pour certains jeunes des environs qui, la tête protégée d’une couronne de roses volées, partent au solstice d’été à l’assaut d’un feu de joie. Ces plans, d’une beauté plastique éblouissante, servent également la matière de Feux, un court-métrage réalisé la même année.

Car ainsi se construit la pratique de Mali Arun, de plain-pied entre l’art et le cinéma et dans un rapport concret au réel qui, souvent, double la fiction.
À son sujet, on pense volontiers au brouillage des genres opéré par Werner Herzog et à sa quête de l’illumination telle qu’il l’a formulée : « Il y a une couche plus profonde de vérité au cinéma et il existe quelque chose comme une vérité poétique, extatique. Cela est mystérieux et insaisissable, et ne peut être atteint que par la fabrication, l’imagination et la stylisation. » Pour Mali Arun, la recherche se situe autant dans la manière dont l’être humain s’approprie un territoire, qu’il s’agisse de s’y prélasser, comme dans l’imagerie biblique dévoyée de Paradisus, ou de l’habiter, comme dans Déplacés, Barak et La Maison.
Une approche qui se joue régulièrement par la marge, à la rencontre de personnes vivant contre la norme, avec le souhait de les filmer en les laissant être telles qu’elles sont, dans toute leur différence. Comme si à travers l’objectif, elle souhaitait apprendre à toucher du regard à quelle distance d’elle commence l’autre.

Par Marie Chênel

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TELERAMA
http://www.telerama.fr/sortir/salon-de-montrouge-nos-coups-de-coeur-pour-2018,n5629031.php

La vénérable institution qui fête cette année sa 63e édition, distingua par le passé des artistes désormais confirmés comme Felice Varini, Théo Mercier ou Clément Cogitore. Qu’en est-il cette année ? Sélection.

Mali Arun : Paradis perdu
Couple se baignant dans une eau douce, végétation foisonnante ou nuages comme la corolle d’un champignon atomique. Sous les augures d’un passage de la Genèse, la courte vidéo de Mali Arun, Paradisus, frangée en noir et blanc de solarisation, évoque un bain perdu. Celui d’un lieu luxuriant, moiré, bizarre. Très sophistiquée, l’œuvre de l’artiste, passée par les Beaux-Arts de Paris, de Tianjin en Chine et de Bruxelles, vit à Strasbourg et tisse déjà une langue mure entre cinéma art contemporain. Fiction, documentaire et même sculpture, avec son beau disque qui émet une lumière d’éclipse artificielle, sa proposition mérite que l’on s’y arrête. Le jury du Salon de Montrouge, composé de directeurs de musée, de centres d’art et d’artistes, ne s’y est d’ailleurs pas trompé puisqu’elle remporte le Grand Prix, avec à la clé, une exposition à venir au Palais de Tokyo. Marche-t-elle déjà sur les pas de Clément Cogitore, autrefois lauréat ?

Par Laurent Boudier
Publié le 01/05/2018

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L'HUMANITÉ

https://www.humanite.fr/art-comtemporain-les-nouveaux-talents-se-pressent-au-salon-de-montrouge-655420

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FRANCE INFO

https://culturebox.francetvinfo.fr/le-blog-de-thierry-hay/2018/04/30/7-bonnes-raisons-daller-au-salon-de-montrouge-a-la-decouverte-des-artistes-emergents.html