Après Lussas, édition 2014

J’arrive de Lussas où j’ai vu la projection de « Barak ». Je n’ai pas assisté au débat – je n’aime pas ça, je trouve les débats exhibitionnistes, surtout pour ceux qui posent des questions dont ils connaissent les réponses ou ne veulent pas entrer dans le monde des autres parce qu’ils n’est pas le leur – Je sais qu’il fut houleux. Aussi, je voudrais dire tout le bien que je pense de ce film et de la démarche. J’ai été dérangé et bougé par le montré (les lieux, les gens), par une caméra sans concession, par cette incursion dans ces parcelles d’autour de nous que nous ne visitons jamais en sachant toujours qu’elles existent. Comme passer une porte dans le temps et les espaces dont la proximité ne permet pas toutefois quelles soient aisément franchissable. Un malaise émotionnel entre nostalgie et tendresse, voyage dans cet autour qui est aussi un ailleurs. J’étais avec un ami réalisateur. Ce fut un long débat. Nous nous sommes entendus sur le fait qu’il ne faut rien dire du film après l’avoir vu, qu’il faut attendre qu’il mûrisse dans la pensée, sans doute parce qu’il faut du temps pour réveiller dans les plis de la conscience ce qui est enfoui , ce que je nommerais « le non vouloir voir ». Et bien on a vu. Un beau cadeau donc. Un grand merci. J’ai personnellement aimé cette voix porteuse d’insouciance et de gravité, d’une futile intransigeance, un brin d’obstination, quasi naïve et pleine de vouloir. Présence de cette implication de soi, du « viens voir ce que je vois », telle, qu’à deux tables de vous, nous n’avons pas osé aller vous parler ! Et puis, j’ai aimé une prod qui s’implique et monte au créneau pour défendre ses choix, c’est plus que bien.


Georges Bertolucci, réalisateur, producteur.